Auteur Sujet: Basstrap infraflex  (Lu 3445 fois)

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #90 le: août 07, 2018, 18:10:12 pm »
Je sais pas. Moi mon basstrap avait l'air de fonctionner pour mon mode a 25hz sans membrane ou avec membrane polystyrène, un peu moins a 40hz. J'ai mis une membrane un peu plus lourde et bcp plus rigide pour augmenter un peu la fréquence ou il est efficace, et j'ai perdu l'atténuation a 25hz au profit d'une atténuation a 40hz :-/ je vais essayer de simuler plutôt sur comsol un basstrap de type event pour voir, mais je suis pas sûr d'y arriver c'est vachement complexe...

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #91 le: août 11, 2018, 17:46:31 pm »
Bonjour !

Je fais mumuse avec Comsol en ce moment, et je suis tombé sur ça en cherchant les caractéristiques de la laine de verre : http://www.diva-portal.se/smash/get/diva2:706746/FULLTEXT01.pdf

Entre 20Hz et 200Hz,
  • pour une espèce de "laine" (page 48), la célérité du son (partie réelle) vaut entre 50 et 120m/s (à la louche hein !)
  • pour une espèce de fibre de bois, la célérité (toujours partie réelle) vaut entre 35 et 70m/s (à la louche encore).

Je pense donc que pour le volume effectif d'un basstrap, dont des gens donnent des ordres de grandeurs de +10 à 20% du volume réel, en raison de la célérité du son différente dans la laine de verre, on est loin du compte.... Je pense que la célérité du son dans la laine de verre serait encore plus faible que dans la fibre de bois, si c'est le cas alors elle serait au minimum 5 à 10 fois inférieure à la célérité dans l'air, ce qui impliquerait un volume effectif.... de x5^3 ou x10^3  :mrgreen: si on suppose que les ondes traversent sur un seul axe et que donc seule la distance aller-retour entre la face avant et la face arrière nous intéresse, autrement dit indirectement la profondeur du caisson, alors ca ferait entre x5 et x10 sur la profondeur.... mais ça fait beaucoup quand même je vous l'accorde. La question est donc toujours ouverte pour moi !

Toujours personne n'a un ordre de grandeur sous la main pour cette fameuse célérité dans la laine de verre ? Peut-être qu'on aura la réponse bientôt à force de chercher...  :A
« Modifié: août 11, 2018, 17:50:35 pm par LeChacal619 »

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #92 le: août 11, 2018, 18:01:02 pm »
Ah trouvé !

https://drive.google.com/open?id=1ooPB7j335XEo0hu2zW0d_a3gHqxvGTxg

Cf. le graphe en bas à droite qui indique la célérité. Les valeurs ont l'air bruitées, d'après leur modèle la valeur à l'air inférieure à 60m/s en dessous de 200Hz et ca chute à 50m/s à 100Hz et encore en deçà mais non visible. Pour les mesures expérimentales, ils ont des valeurs entre 50 et 60m/s sur cette bande passante mais avec un pic à 125Hz (probablement erreur de mesure dû à l'expérimentation...). En tout cas, avec cet ordre de grandeur, on peut tabler sur une célérité environ 7 fois plus petite dans la laine de verre que dans l'air. Ca reste évidemment un ordre de grandeur puisque ça dépend si c'est transversal ou longitudinal aux fibres, à la densité de la laine de verre & autres paramètres.... mais ne chipotons pas pour ça !

Je préfère considérer la profondeur de mon caisson comme 7 fois plus grande et considérer les formules de résonateur à membranes fausses, plutôt que de considérer les formules correctes et supposer une profondeur plus grande de 20%... à bon entendeur évidemment  :lol:

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #93 le: août 15, 2018, 15:32:47 pm »
Bonjour,

Quelques rectifications du post précédent pour la célérité du son dans la laine de verre, même si ça a l'air de varier en fonction de la densité j'ai fais des expérimentations en plaçant une enceinte close au sol, HP en rayonnement vers le haut, microphone positionné à environ 25cm de la membrane et en faisant des mesures REW avec synchronisation loopback (dont je me suis évidemment assuré que le décalage temporel mesuré était stable avec différentes mesures).

  • J'ai fais des mesures à différentes fréquences de 100 à 200hz {sans laine de verre, avec une épaisseur 12cm de laine de verre, avec une épaisseur de 15cm de fibre de bois}.
  • J'ai mesuré le délai temporel au sommet du premier pic majeur (à cause des variations SPL parfois le deuxième pic devenait plus gros, mais en me basant toujours sur la première bosse que les résultats qui me semblaient être les plus précis et les plus cohérents).

J'ai obtenu ceci pour la célérité du son dans les différents matériaux : https://drive.google.com/open?id=1X6HSmpmMYHU_G6INlui0XBSOd3GCBu5k

Environ 120 à 130m/s donc autour de 100hz d'après mes résultats expérimentaux. Puis j'ai trouvé ceci sur le forum gearslutz : https://www.gearslutz.com/board/bass-traps-acoustic-panels-foam-etc/665968-sound-speed-porous-absorbers.html

Citer
According to Delany and Bazley (and others), the speed of sound in a porous absorber is given by the angular frequency divided by the real part of the complex wavenumber. If we take a porous absorber with flow resistivity 10,000 rayls/m, at a frequency of 100Hz the Allard/Champoux model predicts that the real part of the complex wavenumber will be 5.65 . Other models (eg. Miki, Delany/Bazley) give values in the same ballpark. If we divide the angular frequency (628.3) by 5.65 we should get the speed of sound in the porous absorber. This calculation gives us a value of 111 m/s. This is dramatically less than I expected, and if correct, has some interesting repercussions.

Je pense qu'on peut clore le chapitre sur la célérité du son dans la laine de verre : 100m/s avec une marge d'erreur de +/-25% me paraît une valeur raisonnable.

J'ai cherché à faire des simulations Comsol de basstraps. Le problème est que dans les simulations en fréquence, seule la réponse SPL et l'intensité acoustique et autres valeurs qui m'ont l'air inadaptée pour l'estimation de l'efficacité d'un basstrap sont calculées. En particulier, le spectral decay ou la réponse SPL en fonction du temps n'ont pas l'air d'être calculables.

On pourrait calculer le facteur de perte (Transmission Loss = TL), mais il faut pour cela intégrer sur deux surfaces : considérer une puissance d'énergie acoustique entrante (P_in) et une puissance d'énergie sortante (P_out) ;  le TL se calcule alors en faisant 10*log10(P_in/P_out). Calculer le TL sur un absorbeur de type pot d'échappement par exemple est donc faisable simplement car il y a bien un flux entrant et un flux sortant de l'absorbeur, et ces flux traversent des surfaces différentes... Mais dans le cas d'un basstrap dans une pièce, le flux entrant dans le basstrap ne ressort pas par une autre surface, il reste dans le basstrap ou ressort par la même surface : je ne peux donc pas calculer le TL à partir d'une simulation en fréquence....

J'ai pensé que pour évaluer mon basstrap il me fallait générer une réponse d'impulsion avec une simulation en temporel, pour pouvoir l'exporter de Comsol et l'importer ensuite sous REW pour pouvoir accéder aux graphes de spectral decay et autres.

En cherchant un peu j'ai trouvé ce papier : https://www.comsol.fr/2017-user-presentations/acoustics-and-vibrations#loudspeaker-response-optimization-with-the-aid-of-impulse-response-50942-top (ouvrir la section "Loudspeaker Response Optimization with the Aid of Impulse Response ") qui explique comment faire pour générer une réponse d'impulsion avec une simulation temporelle sur la version 5.3 de Comsol, qui intègre les PML (Perfeclty Matched Layers) en temporel  (en gros les PML permettent de simuler les parois d'une chambre anéchoïque, plus de détails techniques ici sur les PML : https://youtu.be/w_NnRZlNuAA?t=20m43s).

J'ai fais une première simulation sur laquelle j'ai généré une réponse d'impulsion sur un modèle axisymétrique 2D, impulsion acoustique de type gaussienne avec f0 = 200Hz et fréquence d'échantillonnage 1000hz (en dessous de cette fréquence les résultats ne sont pas de qualité suffisante à mon avis) avec la formule donnée dans la papier précédent.
Le calcul d'une réponse de 0.5secondes prend 7min sur mon CPU de compét, et le modèle est ultra simple donc je pense que je vais galérer pour des simulations 3D d'un basstrap dans une pièce comme la mienne. Mais au moins, c'est possible !

J'ai exporté cette réponse d'impulsion en .txt, puis convertie en .wav avec l'aide de GNU Octave, puis importée sous REW sous laquelle j'ai pu contrôler que les valeurs dans la bande passante qui m'intéresse (10-100Hz) sont bonnes pour faire des simulations plus avancées me permettant d'évaluer les performances d'un hypothétique basstrap dans ma pièce.

Le modèle Comsol utilisé ici : https://drive.google.com/open?id=1br7N7BdD64yhCAvKigPANBao_X8KWnHp
La réponse d'impulsion générée au format wav ici : https://drive.google.com/open?id=1EAnj9RWBXKAyY1AyAgovIYKj5XsJf_u3

Le spectral decay :



Même simulation sans le PML :



 :cheers:
« Modifié: août 15, 2018, 21:29:32 pm par LeChacal619 »

jaffar

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #94 le: août 16, 2018, 17:40:25 pm »
Vous n'êtes pas facile à suivre : votre débit est impressionnant  :d

Perso j'ai commencé à démonter mes basstraps : j'ai décollé les membranes que j'ai pesées ensuite . Elles faisaient 5 kilos soit à peu près 7.5 kilos du m^2 . J'étais loin des 20 kilos de la simul . Je les ai ensuite repositionnés non pas derrière les enceintes mais sur les cotés , toujours dans le coin ce qui à l'écoute a l'air "sympa" . Ce week end je ferai une mesure d'ambiance avec et sans afin de voir uniquement l'influence des 12 cm de mousse .  Puis je m'attaquerai à la construction du modèle suspendu .

LeChacal619

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Re : Re : Basstrap infraflex
« Réponse #95 le: août 16, 2018, 18:21:31 pm »
Vous n'êtes pas facile à suivre : votre débit est impressionnant  :d

Perso j'ai commencé à démonter mes basstraps : j'ai décollé les membranes que j'ai pesées ensuite . Elles faisaient 5 kilos soit à peu près 7.5 kilos du m^2 . J'étais loin des 20 kilos de la simul . Je les ai ensuite repositionnés non pas derrière les enceintes mais sur les cotés , toujours dans le coin ce qui à l'écoute a l'air "sympa" . Ce week end je ferai une mesure d'ambiance avec et sans afin de voir uniquement l'influence des 12 cm de mousse .  Puis je m'attaquerai à la construction du modèle suspendu .

Ouais je sais et je m'exprime pas toujours très clairement, ce qui n'arrange rien  :lol:

En parlant de ton projet, j'ai trouvé ça cette après-midi : https://www.gearslutz.com/board/bass-traps-acoustic-panels-foam-etc/743040-tims-limp-mass-bass-absorbers.html

En fait ton nos basstrap serait plutôt de type "limp mass resonator" que de type "panel resonator", la différence je pense entre les deux est que dans le premier la membrane est souple et lourde (les formules devraient marcher donc...) dans le deuxième la membrane est plus rigide et peut être moins lourde (je dis bien peut être). Je te conseille de regarder les 3 fichiers joints du post que je t'ai linké, ils sont très intéressants je trouve !

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #96 le: août 16, 2018, 18:23:40 pm »
Ah oui et du coup peut être même pas la peine de t'embêter à mettre un panneau de bois en sandwich ! Les formules que je trouvais dans les papiers scientifiques parlaient plutôt de "limp mass resonator" que de "panel resonator", sauf que je pensais que c'était la même chose : apparemment non...

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #97 le: août 16, 2018, 18:34:45 pm »
Après pour le placement aussi, faut voir en fonction du sens dans lequel l'onde stationnaire se développe. Si tu comptes absorber autour d'une fréquence qui fait 350/2/L (ou 175/L), L doit être la dimension de la pièce dans laquelle l'onde se propage. Chez moi j'ai un mode très fort et très proche de 25Hz dans la longueur de la pièce (350/2/7.5) donc je peux mettre les basstrap sur les murs perpendiculaires à la longueur. Le mode vers 45Hz correspond probablement à la largeur : si l'onde stationnaire se développe entre mes subs et mon mur ca faisait environ 4m : 350/2/4 = 43.75Hz... Dans les coins ca marcherait, mais le mieux je pense est de les mettre perpendiculairement à l'onde stationnaire, et donc de savoir dans quelle dimension de la pièce l'onde se propage. Si l'onde fait simplement un aller-retour (correspondante à la formule que je t'ai donné) alors tu pourrais vérifier en mesurant la réponse SPL sur les murs et en te promenant dans la pièce : aux murs extrêmes pression maximale, au milieu un trou, entre les deux la pression sera entre les deux... (il ne devrait pas y avoir d'autre trou en pression qu'au milieu).

Dès fois trouver dans quel sens l'onde se propage peut être tricky :

Mode 22.88Hz longitudinal (il faut mettre les basstraps le long des murs gauche et droite) :


Mode 42.8Hz latéral (il faut mettre les basstraps le long des murs haut et bas) :


Mode 45.8Hz longitudinal (il faut mettre les basstrap le long des murs gauche et droite) :


Dans la dernière image, deux trous sur la pression SPL à envion 1.8m. et à 5.8m et un pic aux extrêmités et à 4m. environ (dans le sens de la longueur de la pièce).
« Modifié: août 16, 2018, 18:50:06 pm par LeChacal619 »

luiscrepy

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #98 le: août 16, 2018, 22:14:49 pm »
Petite question d'un ignare du concept "bass trap" : ce principe a-t-il la faculté de corriger les bosses d'amplitude aux endroits où il y en a et de ne rien faire là où il n'y en a pas ? Si ce n'est pas le cas, il se comporterait exactement comme une égalisation qui est comparativement simplissime à mettre en oeuvre et du coup, je ne comprends pas son intérêt.
Si c'est le cas, son utilité dans un auditorium accueillant 50 ou 1000 auditeurs est évidente, mais pour nous qui écoutons systématiquement depuis de point d'écoute que nous avons soigneusement bichonné, je ne la cerne pas quel que soit son mode de fonctionnement.

Cordialement,
Luis

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #99 le: août 16, 2018, 23:55:20 pm »
Bonjour,

Petite question d'un ignare du concept "bass trap" : ce principe a-t-il la faculté de corriger les bosses d'amplitude aux endroits où il y en a et de ne rien faire là où il n'y en a pas ?

Non, pas exactement. Pour évaluer la qualité d'un système audio, en général on réalise une mesure puis on obtient, selon la méthode de mesure, la réponse d'impulsion du système. Cette réponse est dans le domaine temporel. Elle contient toutes les informations nécessaires pour caractériser le système. Cette réponse d'impulsion peut alors être analysée de plusieurs façons, selon ce que l'on recherche à évaluer sur le système : niveau de pression sonore SPL en fonction de la fréquence, phase, délai de groupe, RT60, indices de clarté, waterfall et spectrogramme par exemple.

Il faut comprendre que le niveau de pression sonore SPL seul ne permet pas de caractériser un système, de même que la phase seule, le RT60 ou autre. Chacun de ces graphes est une "facette", une "couleur", une "vue" de ce que contient la réponse d'impulsion. En général les gens ne s'intéressent qu'à une chose : le niveau SPL en fonction de la fréquence, et ne cherchent qu'une seule chose : le linéariser coûte que coûte. Cette idée préconçue est sûrement dûe à la popularisation des égaliseurs....

Puis on s'aperçoit au fil du temps que linéariser n'améliore pas forcément les choses : booster un trou augmente la distorsion, diminuer une bosse à la limite si elle n'est pas trop "fine" et que la correction en amplitude n'est pas trop importante..... en fait, on oublie juste que le niveau SPL varie au cours du temps, car la musique n'est pas un signal périodique et que l'énergie n'est pas constante à toutes les fréquences dans le temps. Le niveau SPL indique la pression sonore pour un signal périodique, donc en régime stationnaire. Pour évaluer ce qui se passe lorsque le niveau sonore varie, i.e. les phases transitoires, il faut s'intéresser au niveau SPL dans la durée. C'est ce que permettent d'analyser le RT60, les indices de clarté, le spectral decay, le waterfall et le spectrogramme : il s'agit en général de réaliser une transformée de Fourrier avec une fenêtre sur un cours intervalle de temps en faisant "glisser" cette fenêtre pour connaître le "niveau SPL" en faisant varier la variable "temps". La précision obtenue est un compromis entre précision temporelle et précision fréquentielle : si on veut une précision temporelle importante, on perd en précision fréquentielle, et inversement. Vous comprenez j'espère pourquoi une courbe de niveau SPL fait une totale abstraction du temps... Pour avoir un compromis précision temporel/fréquentiel constant sur une échelle logarithmique (plutôt que sur une échelle linéaire comme avec la méthode "transformée de fourrier à fenêtre glissante"), on peut aussi faire une transformée en "ondelettes", mais passons ces détails techniques...

En général, une résonance importante à une fréquence entraîne une augmentation (ou plutôt une diminution ?  :refl:) du niveau sonore à cette fréquence, mais pas toujours. Par exemple, il existera en certains points particuliers de la pièce un énorme trou alors que la résonance est présente dans toute la pièce : l'énergie acoustique se propage dans toute la pièce, et l'énergie diminue progressivement dans le temps (avec plus ou moins de variations selon que l'énergie fait différents rebonds ou pas...) mais elle diminue à peu près au même rythme en tout point de la pièce.

Pour illustrer mes propos, voici une simulation sur une pièce de 7.5x5.5x2.4m. avec des murs infiniments réfléchissants, et deux sources acoustiques positionnées au sol dans les deux coins de gauche :

Pression acoustique dans la pièce à la fréquence de 45.76Hz :



Maintenant le niveau de pression sonore :



Voici cette-fois le niveau de pression sonore donné pour l'axe longitudinal au centre de la largeur de la pièce et à 1 mètre de haut, pour quelques fréquences de résonance :



Si vous vous placez à exactement 1.5 mètres dans le sens de la longueur (1/5 de la longueur), à 1 mètre de haut et au centre de la largeur de la pièce, alors à cette position très précise pour les fréquences 45.76Hz, 68.641Hz et 75.073Hz, le niveau de pression sonore sera identique et vous n'aurez quasiment pas besoin d'égaliser, il restera juste une grosse bosse à 66.464Hz... je vous le dit : chercher la position ou l'égalisation nécessaire pour linéariser la réponse SPL est minimale ne solutionnera pas le problème d'un mauvais amortissement de l'énergie dans le temps, c'est uniquement une solution (partielle) à l'égalisation du niveau SPL... Je vous propose si vous n'en êtes pas convaincu de le vérifier vous même en faisant des mesures et en visualisant les graphes adaptés (spectral decay par exemple) en différents points de la pièce : si vous avez une forte résonance à une certaine fréquence, cette résonance apparaîtra partout ! A priori votre oreille vous l'indiquera également, mais pas sur un sinus : plutôt sur un sine burst.... On peut aussi le voir dans la réponse d'impulsion postée par Gils, dont le niveau SPL est linéaire mais ou les résonances sont visibles, par exemple une à 32Hz environ :



On peut aussi le vérifier en mesurant une impulsion d'un HP en champ proche : la réponse sera linéaire malgré le fait que la résonance apparaîtra sur un spectral decay avec un fenêtrage suffisamment long : en basse fréquence des slices à 50ms avec un fenêtrage à 500ms suffisent en général pour voir ces résonances apparaître. Evidemment plus le rapport du niveau sonore champ direct / champ diffus sera élevé (d'ailleurs on devrait plutôt dire champ réactif que champ diffus en basse fréquence... cf. page 7), plus la résonance apparaîtra à un niveau d'amplitude faible relativement au niveau SPL à l'instant t=0. Comme elles ont une amplitude faible relativement au niveau de pression sonore maximal, elles n'impactent pas vraiment le graphe SPL. Pourtant une résonance à -20dB qui "traîne" plusieurs secondes, ça s'entend...

L'objectif d'un basstrap est d'atténuer les résonances pour améliorer et linéariser l'amortissement dans le temps du niveau SPL aux basses fréquences, les plus problématiques dans une pièce, en aucun cas de linéariser une courbe SPL. Une conséquence d'un bon amortissement est que le niveau SPL sera à peu près le même en tout point de la pièce, et en général l'égalisation à faire pour avoir une courbe SPL sera d'autant plus faible. Du coup sweet spot plus important, mais surtout meilleure qualité d'écoute : son moins coloré, pas de basses qui traînent, etc. Vous pourrez toujours linéariser une courbe SPL à un sweet spot extrêmement restreint sur une pièce avec beaucoup de résonances, mais la qualité ne sera jamais au rendez-vous. En tout cas c'est mon avis.

Citer
Si c'est le cas, son utilité dans un auditorium accueillant 50 ou 1000 auditeurs est évidente, mais pour nous qui écoutons systématiquement depuis de point d'écoute que nous avons soigneusement bichonné, je ne la cerne pas quel que soit son mode de fonctionnement.

En général plus la pièce est grande, moins elle présente des problèmes d'amortissement, donc moins la présence de basstrap est nécessaire. Je ne connais d'ailleurs pas de très grande salle qui présente un seul basstrap : la géométrie est en général bien calculée pour que l'amortissement soit uniforme en fréquence et un simple revêtement absorbant sur les parois suffit pour le traitement acoustique, voire à la limite des diffuseurs.

J'ai simulé la réponse d'une source acoustique parfaite au centre d'une sphère parfaite : l'atténuation en fréquence est très faible mais linéaire sur tout le spectre (à la précision de la simulation près).



J'imagine donc après le résultat de cette simulation qu'une pièce parfaite d'un point de vue amortissement serait une sphère avec un matériau absorbant placé sur les parois qui aurait une absorption uniforme sur tout le spectre afin d'obtenir un amortissement ni trop faible, ni trop important, et uniforme sur tout le spectre.
« Modifié: août 17, 2018, 01:11:02 am par LeChacal619 »

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #100 le: août 17, 2018, 10:23:58 am »
Pour la vitesse du son dans la laine de verre, j'ai fais des tests avec un résonateur de Helmoltz sur comsol : la présence de laine de verre n'influence pas la fréquence de résonance, j'imagine donc que c'est pareil pour un basstrap de type résonateur. Une onde stationnaire ne doit sûrement pas se comporter pareil qu'une onde progressive. Je n'ai constaté qu'une variation du volume effectif lorsque le volume presque entier (98%) est rempli (la fs est divisée presque par deux).

Ci-dessous l'impédance acoustique pour plusieurs épaisseurs au fond d'un résonateur de Helmoltz de même forme qu'ici et dont le volume de la bouteille et du col font qu'analytiquement la résonance devrait être à environ 21Hz, ce qui est cohérent avec la simulation :



PS: la profondeur de la bouteille fait 50cm. Avec 49cm de laine de verre, il n'y a donc qu'un seul cm de vide d'air.

jaffar

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #101 le: août 18, 2018, 14:10:22 pm »
Je vais simplifier à l'extrême le long message du Chacal

La correction en amplitude ( égalisation ) permet d'atténuer les bosses dans la courbe de réponse dues au résonances de la pièce .
Les bass traps permettent de diminuer le temps pendant lequel cette résonance s'établit .

Juste une autre remarque sur le principe de fonctionnement des bass traps : TOOLE précise qu'une simple cloison placo est un bon bass trap ( fréquence propre généralement vers 90 Hz ) .

Tonipe

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #102 le: août 19, 2018, 11:09:25 am »
Bonjour

Les graphiques de LeChacal619 m'ont rappelé le chapitre pièce de mon site.
La démarche de ce chapitre est de positionner les enceintes et point d'écoute aux points qui n'excitent pas les résonances de la pièce.
Les basstrap eux évitent que les résonances se forment, c'est une autre approche.

http://petoindominique.fr/php/piece.php
Vous avez 20 pages d'un scan de 4 articles de la Nouvelle Revue du Son, et un calculateur puisque les meilleures théories n'ont d'intérêt que lorsqu'elles sont calculées.

Cordialement, Dominique

LeChacal619

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Re : Re : Basstrap infraflex
« Réponse #103 le: août 19, 2018, 13:32:50 pm »
Bonjour Dominique,

Bonjour

Les graphiques de LeChacal619 m'ont rappelé le chapitre pièce de mon site.

Ca m'a fait la même chose ^^

Citer
http://petoindominique.fr/php/piece.php
Vous avez 20 pages d'un scan de 4 articles de la Nouvelle Revue du Son, et un calculateur puisque les meilleures théories n'ont d'intérêt que lorsqu'elles sont calculées.

Je recommanderai particulièrement la Figure 6 page 6 qui permet de visualiser ce qu'il se passe en "temporel". Les basstraps agissent sur les pertes donc essentiellement sur l'amortissement de l'énergie au cours du temps (partie droite du graphe).

Citer
La démarche de ce chapitre est de positionner les enceintes et point d'écoute aux points qui n'excitent pas les résonances de la pièce.

Je ne suis pas d'accord avec ce terme. Je cite ce qui me semble être une grâve incohérence page 16/20 de la nouvelle Revue du Son, section "La position des enceintes" :

Citer
L'essentiel consiste à trouver un compromis, à placer les enceintes à une distance des murs, du plafond et du sol qui ne tombe pas dans un noeud de pression acoustique

Un noeud de pression acoustique est un point de l'espace ou l'onde stationnaire (i.e. en régime stationnaire, ou encore régime établi, donc partie du milieu de la figure que j'ai recommandé avant) ne varie pas, et ce point ne peut donc être qu'un point ou la pression sonore vaut 0 (ou est très faible). S'il suffisait de placer les enceintes à un point ou on ne tombe pas sur un noeud de pression acoustique, il suffirait de les placer près d'un coin : dans un coin, on est sur un noeud de vélocité des particules d'air : la vélocité des particules d'air tend vers 0 à l'interface air / mur, donc il ne peut pas y avoir de noeud de pression acoustique puisque dans une onde stationnaire il y a une conservation de l'énergie mécanique donc un échange entre énergie potentielle (pression acoustique) et énergie cinétique des particules d'air (vitesse des particules). On voit d'ailleurs très bien dans mes graphes qu'aucun trou dans le niveau de pression sonore n'apparaît aux extrêmités : les trous sont situés dans la pièce. Pour moi, une résonance ne peut pas être "plus ou moins" excitée en fonction de la pièce. Quelle que soit la position de la pièce ou se situe votre ou vos sources acoustiques (i.e. votre ou vos enceintes), les ondes progressives émises par vos sources vont rebondir sur les murs puis former des ondes stationnaires. Pour la formation des ondes stationnaires je vous invite à lire cette page que je trouve extrêmement intéressante : https://www.acs.psu.edu/drussell/Demos/SWR/SWR.html. Si la pression n'est pas nulle en un noeud, c'est probablement car le mur n'est pas une "sound hard boundary" parfaite mais plutôt fortement "sound hard boundary" et faiblement "sound soft boundary", ce qui correspond donc à la dernière animation en bas de page.

A part une légère différence dans la transition "montée en énergié" jusqu'au régime stationnaire (ondes stationnaires), les ondes stationnaires seront identiques et l'amortissement dans le temps de l'énergie accumulée sera le même : il ne dépend pas de la position de la source mais des caractéristiques de votre pièce (géométrie, matériaux, objets etc.).
« Modifié: août 19, 2018, 14:11:14 pm par LeChacal619 »

LeChacal619

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Re : Basstrap infraflex
« Réponse #104 le: août 19, 2018, 14:04:18 pm »
Je voudrais ajouter une animation de la phase de transition entre "onde progressive" (travelling wave) et "onde stationnaire", je n'ai pas retrouvé une page qui contenait de superbes animations mais j'en ai retrouvé une qui a une animation d'assez bonne qualité aussi et qui vous permettra de mieux comprendre le phénomène je pense :


(source de l'image : https://sites.ualberta.ca/~pogosyan/teaching/PHYS_130/FALL_2010/lectures/lect12/lecture12.html)

Avant que l'onde n'atteigne le mur, il s'agit d'une onde progressive. Lorsqu'une onde réflechie se superpose à l'onde progressive, il y a une phase de transition puis un régime établi apparaît avec l'onde stationnaire entièrement établie.

Pour une dimension de pièce fixée, le nombre de cycles avant que l'onde stationnaire ne s'établisse est d'autant plus faible que l'onde est grande. Dans TOUTE pièce, il est possible de former une onde stationnaire en forçant le régime à s'établir, donc en générant une sinusoïde suffisamment longtemps. Vous pouvez le vérifier : mettez une sinusoïde et déplacez vous dans la pièce : quel que soit votre traitement acoustique (sauf papourien pour qu'il la réverbération est morte  :lol:) vous aurez des zones ou la pression sonore sera beaucoup plus faible qu'ailleurs.
« Modifié: août 19, 2018, 14:15:01 pm par LeChacal619 »