Auteur Sujet: Plan d'expérience des corrections par convolution  (Lu 1468 fois)

Tonipe

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Plan d'expérience des corrections par convolution
« le: mai 02, 2019, 17:52:53 pm »
Bonjour

Ceux qui suivent le sujet sur la mise au point de mes ALTEC 420-8B ont vu mes essais de validation à l'écoute des corrections.
La première règle est d'utiliser un Q des corrections faible, 0.90 chez moi actuellement, et de valider à l'écoute ponctuellement des Q plus élevé, par exemple 1.10 à 150 Hz, 2.40 entre 400 et 1000 Hz, 2.50 dans les aigus.
Et c'est maintenant que les questions arrivent !!!

Le Q de base est de l'ordre de 0.90, j'affinerai à 0.05.
Mais faut-il prendre une courbe mesurée lissée à l'octave, en 1/2 octave, en 1/3 d'octave, ou en 1/6 d'octave ?
Le critère de validation est bien entendu l'écoute : Nous ne sommes pas là pour nous faire mousser avec des courbes lissées au cordeau et inécoutable en pratique...

La 2eme question est la distance de mesure.
A quelle distance faut-il placer le micro pour faire une correction qui donne les meilleurs résultats à l'écoute ?
Avez vous des expériences dans ce domaine ?

La troisième question est le Q des corrections sur la phase acoustique, là j'emploie actuellement un Q=1.00 et n'ai pas fait d'autres essais.
L'un d'entre vous a t'il une expérience à ce niveau ?

Ces questions sont importantes, parce que ce sont directement les résultats d'écoute qui en dépendent.
Savoir mesurer est une chose, savoir corriger en est une autre, savoir quoi et comment corriger en est encore une autre.
Nous avons les outils, je n'ai pas l'impression qu'un mode d'emploi impartial existe avec ces outils.

Aujourd'hui je suis passé d'un Q de base de 1.00 sur la courbe de réponse à 0.90, et je n'ai pas validé 0.80
L'écoute à progressé significativement, et je ne m'y attendais pas à ce point.
Je passerai le temps qu'il faudra pour avoir toutes les réponses, et si nous pouvons valider à plusieurs les étapes intermédiaires nous n'en serons que plus crédible.

Un de ces quatre nous allons voir rappliquer les marchants de corrections clefs en main et hors de prix, qui ne seront pas content des conclusions parce que leurs outils ne les appliquent pas.
J'aimerai ne pas être seul à me prendre les coups...

Cordialement, Dominique

daftcombo

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #1 le: mai 02, 2019, 21:20:12 pm »
Bonsoir Dominique,


Ce sont en effet autant de questions déjà évoquées de-ci, de-là, et qui méritent des examens sérieux pour aboutir à des réponses définitives.

De mon expérience, je ne peux apporter que les éléments suivants :

- Il semble difficile de corriger sous 350 Hz environ, à cause des erreurs de mesure. L'idéal serait de faire le réglage avec l'enceinte en hauteur, éloignée le plus possible des surfaces réfléchissantes (mur, sol, plafond) et en fenêtrant. Il faut alors viser une courbe plate.
Ensuite, en replaçant l'enceinte à sa place, on peut à nouveau mesurer pour corriger l'allure dans le bas du spectre, car cette fois la mesure tient compte de l'interaction avec les murs. En revanche, on ne touche plus aux pic et creux, dont le cas a déjà été réglé quand l'enceinte était en hauteur.

- Il me semble plus opportun de corriger la courbe lissée à l'octave (en respectant le point précédent) et ensuite de voir ce que cela donne au 1/3 d'octave pour vérifier qu'il n'y a pas de pic de plus de +2dB, sans quoi on pourrait revoir la correction au-dessus de 350 Hz. Avec un large bande, je pense qu'il n'y a pas de raison d'avoir des corrections violentes (Q plus grand que 1).

- Je crois qu'une mesure pour correction au point d'écoute ne marche que si la pièce n'est pas trop réfléchissante, les enceintes pas trop près des murs et le point d'écoute pas trop près des murs. Sans quoi il y a trop de variations dès qu'on bouge un peu le micro, et on risque fort de corriger ce qui n'a pas lieu d'être.

- Une courbe cible me semble indispensable, par exemple -0.6dB  par octave à 3,5 D, dans une pièce réfléchissante. Mais une pente descendant régulièrement (et plus forte) serait peut-être encore mieux à obtenir au point d'écoute (si les conditions du point précédent sont réunies).

Je n'ai aucune certitude sur ces points, n'ayant fait des essais (certes nombreux) que chez moi, dans une pièce plus large que longue avec les éléments tous proches des murs.


Cordialement,

Thomas



Etmo

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #2 le: mai 02, 2019, 21:44:04 pm »
Bonjour,

Au point d'écoute ce n'est pas ce qu'il faut faire. Il faut parler de moyenne vectorielle sur la zone d'écoute pour la phase et moyenne simple pour l'amplitude. La vous aurez des choses plus probantes.

La seule chose faisable au point centrale est le calage temporel des voies.
« Modifié: mai 02, 2019, 21:47:49 pm par Etmo »

luiscrepy

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #3 le: mai 03, 2019, 00:32:42 am »
Bonsoir.

Je suis votre sujet car, comme vous, à chaque fois que je modifie un point de mon installation, même d'importance limitée, je reprends tout à zéro en ayant en tête les mises au point précédentes. Comme j'en suis à plusieurs dizaines depuis que j'utilise REW, je commence à avoir repéré les caractéristiques constantes, les pièges les plus courants, du moins dans ma pièce spécifique.
Je me suis fait ma procédure, qui, je le sais a des limites, mais me permet d'arriver à être satisfait de la mise au point tout en sachant que pour l'améliorer réellement, il faudrait procéder à des modifications totalement hors budget comme modifier la géométrie de la pièce avec des parpaings de 200 mm tout en multipliant son volume au moins par 2, procéder à un traitement acoustique coûteux, et acquérir des hauts-parleurs de très grande qualité.

Je ne la décrirai pas ici sous forme de tutoriel car j'ai de nombreuses convictions contraires à celles de Dominique et je ne me sens pas le droit de polluer son sujet.

Un des points fondamentaux qui nous différencie est que je fais toute la mise au point à la mesure et ne passe à l'écoute d'autre chose que du sweep ou du bruit rose que quand je pense que je ne puis obtenir de meilleures mesures. J'écoute alors de nombreux morceaux de genres différents pour valider ou pas les réglages et au pire retoucher l'équilibre global grave/aigu. En aucun cas je n'irai comparer une phase un peu plus comme-ci avec une phase comme-çà ou un évent plus court avec un évent bouché, etc... Tout cela a été fait auparavant dans le but d'obtenir la phase la plus droite, la courbe de réponse la moins torturée, l'impulsion la plus symétrique, la distorsion la plus faible, etc....

L'autre point fondamental est que la mesure de proximité des hauts-parleurs (ou des enceintes pour les charges closes) ne me sert qu'à vérifier la qualité de ces derniers en l'absence de chambre sourde et que pour mettre le système complet au point, seules les mesures au point d'écoute me serviront, la pièce intervenant pour plus de 50 % (à mon avis) pour ce qui est perçu au point d'écoute. Tout au moins en dessous de 350 Hz comme le dit Thomas.

Je suis aujourd'hui persuadé qu'il serait possible d'arriver à un réglage excellent avec ma procédure dans une pièce spécialement conçue pour accueillir un ensemble HI FI. Cette pièce devrait avoir sa plus grande dimension de l'ordre de 10 m (supérieure à la 1/2 longueur d'onde du 20 Hz) et sa plus petite de l'ordre de 2,50 m (pour rester dans des chiffres acceptables et permettre une expansion de 4 fois entre H mini et L maxi. Cette valeur de 4 est empirique et pifométrique et je ne justifierai scientifiquement pas son choix. Le deuxième impératif serait de ne jamais pouvoir mesurer deux distances identiques entre deux cloisons opposées. Pour ce faire, la pièce devrait avoir une forme complexe et irrégulière avec une hauteur variable de 2,5 à 4 m, une largeur de 4 à  6,4 m et une longueur de 6,4 à 10 m. Une telle pièce devrait rendre la formation d'ondes stationnaires impossible et contrecarrer fortement les nœuds et ventres. Mais je me trompe peut-être, il s'agit là seulement d'une intuition.

Je suis également convaincu qu'une pièce d'écoute doit avoir une acoustique proche de celle d'un studio de mixage de manière que depuis son canapé, l'auditeur entende ce que l'ingénieur du son a "concocté" devant son pupitre à proximité de ses moniteurs à 20000 € pièce. Pour cela une épaisseur de 10 cm de laine de roche ou de bois décollée de 10 cm des murs et recouverte tantôt de tissu acoustiquement transparent, tantôt de lames de bois inclinées pour diffraction, tantôt de planches perforées pour bass trapp recouvrant tous les murs et le plafond devrait pouvoir faire l'affaire. Une moquette épaisse serait choisie pour le sol. L'atmosphère très amortie obtenue devrait ressembler à celle d'un studio de mixage.

Je rêve d'un tel local où tester ma procédure de mise au point.

En effet, dans ma salle actuelle, les défauts classiques sous 350 Hz sont perçus, et malgré ma première étape de positionnement de chacune des 4 voies menée longuement et méthodiquement, subsistent des accidents de phase et d'amplitude dont la correction est un compromis.

Pour ajouter au côté un peu "hors du cadre" de ma méthode, j'ajouterai que chaque voie a été optimisée en positionnement, en choix de type de charge et de volume, en fréquence de filtrage, en tenant compte de l'effet de la pièce dont il bénéficierait ou qu'il subirait.
Le meilleur exemple est le choix de 2 HP de 17 cm au Qts de 0,45 et deux au Qts de 1 pour la voie bas médium 120-450 Hz, installés dans des petits volumes de 8 litres et provoquant une remontée de niveau dans la zone 120 - 200 Hz avec cette charge déconseillée mais permettant d'obtenir une courbe d'amplitude plus facile à linéariser au point d'écoute.

Maintenant pour répondre aux questions :
Si c'est un Q de 4 qui corrige une bosse d'amplitude, j'utilise un Q de 4. Si en bougeant le micro de 5 cm, la bosse disparaît ou se décale d'un tiers ou d'une demi octave, je ne corrige pas ou je diminue le Q dans le deuxième cas.
Je travaille au 1/6 ème d'octave pour la correction d'amplitude mais je compare toujours avec le 1/48 ème pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un creux de 30 dB très sélectif contre lequel on ne peut rien.
En règle générale, les mesures dans une sphère de 20 cm de rayon autour du sweet spot sont chez moi proches de celle du sweet spot et leur moyenne encore plus proche.
Je suis pourtant d'accord avec Dominique pour utiliser le Q le plus faible possible car un Q élevé exige une correction plus violente pour être efficace et rapidement source de distorsion si on s'aventure à en appliquer une positive.

La seule distance de mesure pertinente est pour moi le point d'écoute. Corriger la phase pour un bon fonctionnement en chambre sourde ne m'intéresse pas. J'ai essayé une fois d'utiliser des corrections de phase d'après des mesures à 10 cm semblant très proches de ce que j'aurais obtenu en chambre sourde, mais je n'ai pas réussi à aligner temporellement les hauts parleurs au point d'écoute car leurs phases soit-disant corrigées ne l'étaient manifestement pas.

Pour la correction de phase, j'utilise des Q de 1 ou moins. De toutes façons une correction dans Rephase avec un Q élevé et un nombre de Taps limité (2048) ne fonctionne pas dans le grave.
De plus, comme je mesure au point d'écoute, je fenêtre fonction de la fréquence avec une largeur de 1/6 d'octave pour pouvoir exploiter mes mesures. Cette largeur de fenêtre est empirique car si je prenais 1/3 d'octave, la correction de phase serait plus facile et des Q de 1 largement suffisants car mes filtres actifs étant des 96 dB/oct à phase linéaire, je n'ai que le HP et sa charge à corriger, donc rien de bien méchant comparativement à des filtres passifs ou à 24 dB/oct de DCX.

En ce qui me concerne, je corrige la phase sur chacune des 4 voies séparément et mesure après correction pour affiner la correction jusqu'à être au plus droit sur chaque "tronçon" de fréquences.
Une fois que chaque voie est corrigée, je les aligne temporellement et mesure la phase globale. La phase gauche est toujours très proche de la phase droite et la phase stéréo dans le même esprit. J'ai tenté de fignoler les petits écarts qui subsistent par rapport à une phase horizontale à zéro, les corrections sont presque toujours sans effet. Du coup, si l'écart est inférieur à 20° je ne corrige plus, sauf si l'impulsion est dissymétrique, l'amplitude anormale à la fréquence de coupure ou le step biscornu.

Sincèrement, Dominique, je ne sais pas comment vous faites pour entendre une différence entre une correction avec un Q de 1 et une autre avec un Q de 0,8. Personnellement, je suis sûr que je serais piégé en ABX avec un Q de 1 et un Q de 4.
Je pense même que je serais piégé entre un système optimisé sans correction de phase et un système optimisé avec correction de phase. Je n'ai pas fait l'essai car je ne sais pas optimiser un système sans correction de phase. J'ai cherché à le faire du temps de mon filtre actif DCX 2496, mais comme il était impossible d'aligner correctement les 3 voies temporellement tout en ayant un step qui ressemble à quelque chose et pas de trou aux fréquences de coupure, j'en ai conclu que c'était impossible en IIR et je suis passé au FIR.
Regardez l'impulsion d'un haut-parleur filtré à 24 dB/octave avec un DCX et celle du même haut-parleur filtré à 24 dB/oct avec une convolution qui corrige aussi la phase dans un MiniDSP. La comparaison ne donne pas envie de revenir à l'IIR !

Cordialement,
Luis

Tonipe

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #4 le: mai 03, 2019, 08:12:17 am »
Bonjour

Je ne me permettrai pas de critiquer vos avis, même s'ils sont contraire aux miens.
Nous avons nos approches, nous échangeons dessus, et de ces échanges viendront des essais de validation, ou de non validation.
Il faut aussi garder en tête que mettre au point un HP large bande ce n'est pas tout à fait la même problématique qu'une enceinte multivoies.

Citer
Sincèrement, Dominique, je ne sais pas comment vous faites pour entendre une différence entre une correction avec un Q de 1 et une autre avec un Q de 0,8.

Je compare en mono un réglage D1 par rapport à D2 ou G1 par rapport à G2 ou :
1 et 2 sont deux réglages différents.
G et D sont les enceintes Gauche et Droite.
Les corrections calculées avec RePhase se font dans le PC avec JRiver.
Le nombre de taps est 2^16 = 65536. Une correction à 20 Hz est possible.

A coté des configurations stéréo 1 et 2, j'ai 4 configurations mono D1, D2, G1 et G2.
C'est en passant très rapidement, en moins de 1 s, d'une configuration à l'autre que les différences s'entendent.
S'il fallait 2 mn pour passer d'une configuration à l'autre, les tests deviennent très difficiles.
Cela fait 45 ans que je pratique les comparaisons instantanées en mono, c'est la clefs des essais de comparaison.
http://petoindominique.fr/php/pc_mono.php voir : "Et avec JRiver ?"

Je suis toujours avec un Q=0.90, les Q=0.80 et Q=0.85 n'ont pas été validés.

Cordialement, Dominique

xnwrx

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #5 le: mai 03, 2019, 09:28:29 am »
Bonjour Luis,
J'aurais juste une petite remarque :
Citer
La seule distance de mesure pertinente est pour moi le point d'écoute. Corriger la phase pour un bon fonctionnement en chambre sourde ne m'intéresse pas. J'ai essayé une fois d'utiliser des corrections de phase d'après des mesures à 10 cm semblant très proches de ce que j'aurais obtenu en chambre sourde, mais je n'ai pas réussi à aligner temporellement les hauts parleurs au point d'écoute car leurs phases soit-disant corrigées ne l'étaient manifestement pas.

Lorsque vous corrigez la phase de chaque HP par mesure à 10 cm, vous corrigez la phase de la source parce que vous vous affranchissez de la pièce. Lorsque ensuite vous mesurez au point d'écoute ce même HP, la phase obtenue n'a plus rien à voir puisqu'elle est la résultante de la somme de tous les trajets entre le HP et votre micro. La somme de plusieurs sinus de même fréquence de niveaux et de phases différents est un sinus de même fréquence et de phase différente.  Votre phase au point d'écoute est donc "autre chose".
Toute la question est donc bien de savoir si on veut corriger la source (le HP ou l'enceinte) pour qu'elle ne modifie pas le signal restitué, dans ce cas on corrige la phase en champ proche (ou en chambre anéchoïque), ou si on veut corriger le signal reçu aux oreilles (point d'écoute) afin qu'il soit le plus proche du signal restitué.
Pour ma part, c'est la correction de la source qui me semble pertinente. La pièce ayant sa signature propre qui participe ensuite à l'écoute. Nous sommes habitués à écouter les sons dans notre environnement. Ecouter une personne qui parle dans une chambre sourde est perturbant. Si on corrige au point d'écoute, c'est ce que cela revient à faire.
Dans tous les cas, tous mes essais se sont traduits par une meilleure écoute en cherchant à obtenir une source "neutre", c'est à dire phase plate et amplitude plate en anéchoïque.

daftcombo

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #6 le: mai 03, 2019, 10:49:24 am »
Bonjour Xavier,


Je comprends ta méthode et je ne doute pas qu'elle donne de remarquables résultats chez toi (et j'espère bientôt pouvoir les découvrir !).

Néanmoins, il est à noter, sauf changement récent, que ton point d'écoute est idéalement situé pour ce qui est de la restitution des médiums et aigus, en plein milieu de la pièce, loin des murs latéraux et très loin du mur arrière.

Chez moi, je n'ai pas d'autre possibilité que d'écouter à moins d'un mètre du mur arrière, qui est nu. J'ai fait des essais en mettant des coussins derrière la tête et me suis aperçu que cela atténuait les aigus de manière appréciable.

En l'absence de coussin ou d'autre traitement acoustique plus pérenne, je ne vois pas d'autre solution que d'appliquer une courbe pour baisser les aigus au profit des fréquences plus graves. Cela modifie certes le signal, mais je crois que parfois on ne peut pas faire autrement facilement.


Cordialement,

Thomas

Tonipe

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #7 le: mai 03, 2019, 11:10:13 am »
Citer
Toute la question est donc bien de savoir si on veut corriger la source (le HP ou l'enceinte) pour qu'elle ne modifie pas le signal restitué, dans ce cas on corrige la phase en champ proche (ou en chambre anéchoïque), ou si on veut corriger le signal reçu aux oreilles (point d'écoute) afin qu'il soit le plus proche du signal restitué.

Nous voulons corriger l'enceinte pour avoir les meilleurs résultats d'écoute possible dans notre pièce.
Nous ne faisons pas des enceintes pour les vendre, nous faisons des enceintes pour les écouter chez nous.
(C'est mon cas, vous pouvez en avoir d'autres...)

Avant de faire des mesures à plusieurs distances, corrections et écoutes, je dois vérifier dans l'après midi l'influence de la définition du fichier de mesure pour la correction : Lissage à l'octave, demi octave, tiers d'octave, sixième d'octave ?

Sinon je viens de valider Q=0.88 : 0.85 < 0.88 > 0.90
Je ne chercherai pas à être plus précis actuellement.

Cordialement, Dominique.

luiscrepy

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #8 le: mai 03, 2019, 11:12:22 am »
Bonjour Xavier.

Je comprends parfaitement que ce soit la correction de la source qui vous semble pertinente. En présence d'une pièce d'écoute parfaitement traitée et corrigée contre les réflexions directes, les ondes stationnaires, et réalisée en vue d'éviter un maximum de nœuds ou ventres dans une zone d'écoute pas trop étriquée, c'est peut-être aussi ce que je viserai.
Dans ma pièce, je mesure une impulsion déséquilibrée en l'absence de correction de phase, que ce soit à 10 cm, à 1 m ou au point d'écoute (premier graphe)
Si je la corrige d'après mes mesures en pseudo anéchoïque, cette impulsion reste un peu déséquilibrée mesurée au point d'écoute
Si je la corrige d'après des mesures au point d'écoute, elle devient parfaitement symétrique (deuxième graphe)
Tout cela est vrai pour l'impulsion globale (constituée à 95 % par l'impulsion du HP aigu) mais aussi pour les impulsions individuelles de chaque HP des autres voies. Dans ces conditions, il n'est pas trop difficile d'aligner temporellement les hauts parleurs et d'obtenir un step avec un vrai front de montée unique et parfaitement droit avec les corrections effectuées à partir de la mesure au point d'écoute fenêtrée. Avec les corrections effectuées à partir des mesures à 10 cm, les impulsions sont dissymétriques et l'alignement temporel pose les mêmes problèmes qu'avec un DCX et le step ne ressemble à rien.

Le choix de la mesure de la phase au point d'écoute s'est ainsi imposé aussi simplement.

Quant à l'amplitude, sa correction au point d'écoute me semble une évidence. Visiblement ce n'est pas le cas pour tout le monde et çà me dépasse car s'il y a une bosse mesurée au point d'écoute à 80 Hz, je l'entends aussi en tant que bosse et je suis content de pouvoir la raboter. L'effet perçu est que la contrebasse ne jouera plus toujours la même note.

xnwrx

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #9 le: mai 03, 2019, 12:36:46 pm »
Luis, Thomas,
il y a un point important qu'il ne faut pas négliger, c'est la constance du champ diffus au point d'écoute en fonction de la fréquence. Les modes basses fréquences ne peuvent pas être corrigés par des absorbants acoustiques. Ils restent donc toujours présents. A l'inverse les médium/aigu peuvent se traiter. C'est à intégrer au même titre que la constance du diagramme de directivité en fonction de la fréquence. Si l'aigu est très directif et le médium peu directif, vos oreilles perçoivent plus de champ direct dans l'aigu que dans le grave. Dans les deux cas en corrigeant au point d'écoute, vous lissez le niveau perçu sans prendre en compte la direction de provenance des ondes. Le niveau global obtenu est plat, mais rien ne vous dit si pour toute fréquence vous avez le même rapport de puissance entre ondes réfléchies et onde directes, l'oreille filtrant très bien les ondes en fonction de leur provenance et identifiant aussi très bien cette provenance. Je pense que cet aspect est une des clefs de la haute fidélité et qui explique pourquoi nos mesures ne montre pas ce qui distingue un bon système d'un mauvais alors que les courbes de réponses sont identiques.
En réalisant une enceinte à directivité constante (à mon sens, l'isotrope est idéale), en la "fidélisant" en anéchoïque (amplitude et phase plates) et en les mettant dans une pièce pas trop amortie (0,5 à 0,6 de RT), on obtient un système très fidèle bien que sa mesure au point d'écoute montre bosses et creux. Dans les faits, le champ direct sera plat en amplitude et phase et le champ réfléchit fait ce que la pièce lui dicte.
En tous cas chez moi (pièce assez grande, positionnement plutôt bon comme le fait remarquer Thomas, mais traitement acoustique très mauvais avec un RT de 0,9 à 1) c'est ce qui donne les meilleurs résultats.

On peut remarquer que ce que je vient de dire irait dans le sens des pavillons, qui permettent une directivité constante et donc favorisent le champ direct au détriment du champ diffus. Toutefois un pavillon est un filtre supplémentaire sur la source, filtre qui allonge la réponse impulsionnelle d'autant plus qu'il est grand (c'est pas ce qu'on appelle de la fidélité). La meilleure solution serait donc le baffle infini qui rend la source totalement transparente et rayonnant dans 2xPI sr, ou à défaut l'in-wall en charge close.

Il est vrai Thomas que ta configuration d'écoute n'est pas idéale, atténuer les médiums/aigus ne serait pas une bonne solution (le champ direct deviendrait trop faible). Mais les coussins derrière la tête me semble être parfait, couplé à une source émissive plate en fréquence ;).
« Modifié: mai 03, 2019, 12:49:05 pm par xnwrx »

Tonipe

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #10 le: mai 03, 2019, 13:15:01 pm »
Citer
Quant à l'amplitude, sa correction au point d'écoute me semble une évidence. Visiblement ce n'est pas le cas pour tout le monde et çà me dépasse car s'il y a une bosse mesurée au point d'écoute à 80 Hz, je l'entends aussi en tant que bosse et je suis content de pouvoir la raboter. L'effet perçu est que la contrebasse ne jouera plus toujours la même note.

Vous avez probablement raison, et je le vérifierai à l'écoute.
La réponse sera dans ce sujet.
Actuellement nous sommes théoriquement pas d'accord, mais je ne suis pas 100% sur de mon point de vue.
A dire vrai je ne serai pas surpris d'arriver à une position intermédiaire entre 3.5 D et le point d'écoute, mais ce n'est qu'un hypothèse.
L'idée de cette hypothèse est de prendre un peu du champs réfléchi, et pas trop...

Cordialement, Dominique

daftcombo

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #11 le: mai 03, 2019, 14:10:27 pm »
Il faudrait ajouter à la checklist la considération du champ diffus (par des mesures supplémentaires ?), comme le rappelle Xavier !

Cordialement,

Thomas

Tonipe

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #12 le: mai 03, 2019, 14:50:31 pm »
J'ai fait 3 essais, correction en 1/3 d'octave à partir d'une mesure :
- Lissée en 1/3 d'octave.
- Lissée en 1/2 d'octave.
- Lissée en 1/1 d'octave.
C'est la correction à partir d'une mesure lissés en 1/2 d'octave qui donne les meilleurs résultats d'écoute.
Si vous avez une idée du pourquoi, c'est toujours bon à savoir.
J'avais préparé une mesure lissée en 1/6 d'octave, je ne l'ai pas utilisés.

Si vous avez un système corrigé à partir d'une mesure lissée à autre chose que le 1/2 d'octave, c'est le moment de refaire un fichier de correction, et de nous dire votre ressenti à l'écoute...
Ce serai bien d'avoir un consensus à ce niveau.

En 48 H, entre le Q des corrections de base à 0.88, et la correction à partir d'une mesure lissée en 1/2 octave, mon système à bien progressé.

Cordialement, Dominique

daftcombo

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #13 le: mai 03, 2019, 15:37:41 pm »
- C'est surtout sous 350 Hz que la différence entre un lissage 1/3 d'octave et 1/2 octave se voit graphiquement.

La différence entre un lissage 1/2 octave et à l'octave est visible partout.

- Deuxième remarque : les creux semblent davantage subir le lissage que les bosses.

- Troisième : je viens de regarder ce que ça donnerait pour corriger au 1/2 octave (je ne peux pas tester à l'oreille maintenant). Je persiste à penser que vous devriez faire une mesure avec l'enceinte en hauteur pour savoir ce qu'il faut corriger en bas du spectre. Parce que là RePhase m'indique qu'il faudrait faire une correction de -1.5dB vers 220Hz, or j'ai déjà essayé par le passé et ça n'était pas bon.

Cela n'explique pas pourquoi chez vous au 1/2 d'octave c'est mieux. Peut-être le hasard ? Il faudrait tester dans d'autres pièces.

Cordialement,

Thomas
« Modifié: mai 03, 2019, 15:46:12 pm par daftcombo »

Tonipe

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Re : Plan d'expérience des corrections par convolution
« Réponse #14 le: mai 03, 2019, 16:16:02 pm »
Citer
Parce que là RePhase m'indique qu'il faudrait faire une correction de -1.5dB vers 220Hz, or j'ai déjà essayé par le passé et ça n'était pas bon.

Sans doute ce point va disparaître avec une distance de mesure différente ?
J'essaye différents solutions, j'indique mes résultats,  en fonction des lecteurs ce sera, ou ce ne sera pas, une base de travail.

Cordialement, Dominique